L'aventure...je l'a voulais je l'ai eu.
Je devais être à Kindia lundi 21 août pour une formation, je suis donc partis de Macenta Samedi A-midi après avoir fait une réunion le matin avec les jeunes. Depuis plusieurs mois, un beau minibus toyota extra confort (télé, frigo...) est devant la maison de mon collègue Sanoh, il appartient à son oncle qui cherche à le vendre.
Un acheteur ayant fait une offre à Conakry, c'etait la super occas pour nous, pas besoin de prendre le taxi, on part quand on veut et surtout on fait les 20 heures de route pas sérrés à 10 dans une 505.
Eh bien j'ai bien regretté une bonne vieille 505 Peugeot, elle rivalise avec les plus gros 4*4 sur les pistes. A l'heure, la route Macenta/Guékédou est jonchée de trous de plus de 5 m de profondeur dans lequels les camions sont bloqués, quand un camion est bloqué, un autre le double et se bloque à nouveau résultat, impossible d'avancer parce que sur les côtés c'est la forêt, dense...
Donc, il exi
ste une autre route, appelée route du Café, c'est une piste construite par les chinois il y a 5 ans au moment où la route Macenta/Guékedou était prise par les rebelles libériens. Elle relie directement Macenta à Kissidougou ; les paysages sont superbes avec beaucoup de relief. En pleine saison des pluies la beauté de la route se transforme en enfer de boue. A chaque montée difficile, les gamins du village le plus proche sont là pour monayer leur force indispensable pour le voyageur qui veut avancer, alors ça négocie, ça s'énerve, ça pousse durant parfois des heures pour sortir les véhicules des ornières. Mais nous, après s'être fait poussé déjà deux fois, on a carrément posé le chassis et en prime, le véhicule ne démarrait plus, première nuit dans le véhicule à côté d'un bas fond remplit de moustiques évidemment avec la fenêtre passager (ma place) qui ne ferme pas. En prime, on a l'animation des passagers, car pour rentabiliser le voyage, on a pris des passagers. Alors quand t'arrives pas à pioncer à cause du concert des moustique qui nous ont repéres à 5 Km à la ronde et qu'en plus de tout ça y a la petite qui fait ses besoins, la tanti qui enguele la mère parce que la mère à pas pris de couche etc...
En fin la première nuit ça va encore, plutôt exotique une nuit au milieu de la brousse.
Pas de cafe ce matin la !
Malgré le petit mécano que l'on avait envoyé charger la batterie, pas possible de démarrer le matin donc pas possible de sortir de là sans cable. Il était bien midi ce dimache quand on est sorti du trou...
C'est là que la solidarité africaine a ses limites, sur la route. on a dû payer chaque service que les villageois nous ont rendu. En même temps, au regard de leur préocupation qui est de pouvoir acheter du riz, notre besoin d'avancer peu paraître futile, notre échange arrange les deux parties, c'est ce qui compt ici, se mettre d'accord...
Bon, après avoir attendu quleques heures pour trouver un 4*4 avec un cable qui a bien voulu nous tirer du merdier, le problème est de démarrer parce que bien évidemment ce véhicule a une boîte automatique, donc pas possible de le pousser pour démarer.
Alors on a mendié pendant une heure auprès des rares les voitures qui passent de bien vouloir enlever leur batterie nous la prêter.
Je vous passe le détail de la journée, de la bonne dizaine d'embourbement, du stress, du fric qu'on a laissé etc...
Bon vers 18h00, presque 30 heures après notre départ, exténué , le futal retroussé avec la boue partout, on arrive enfin sur la route, l'intersection, à 30 Km de Kissidougou. Et là, pile au carrefour, pam, en panne, impossible de démarrer, ni même de bouger la boîte automatique... Deuxième nuit dans la camion, cette fois ci à une intersection, près d'un petit village...j'ai passé 2 nuits et 48 heures à cet endroit si bien que j'ai eu un pincement au coeur en le quittant mardi, en quittant sanoh et la camion avec le moteur grand ouvert et mécano s'y affairant depuis des heures.
Je suis arrivé à Kindia marcredi matin à 5hoo après une nouvelle nuit en taxi...roulant cette fois ci, une bonne vieille Nevada !
Là, je peut dire que j'ai vécu au rythme du village (avec le travail au champ en moins), à attendre que le temps passe. Bien sûr avec le temps la réalité s'embellie mais j'ai même des bons souvenirs. ce mardi matin par exemple où les jeunes m'offre le Bangui (vin du palmier raphia) où je me retrouve bien gai à 9 h00du mat autour d'un poste de musique qui grésille du ragaa kissi, ou alors les bonnes grenouilles à l'huile rouge, l'oeil vif de ce petit peul de 8 ans qui gère le petit commerce toute la journée comme un chef, de la sauce manioc de sa soeur, de l'hospitalite de cette famille qui m'offrait le riz tous les soir.
Pas de nouvelle de Sanoh 3 semaines après notre départ, je suis inquiet, il devais me rejoindre ici...