guinee

Samedi 22 juillet 2006

 

Eh bien mon week enf du 14 juilet a été fort mon agréable que le w-end précédent, j'ai passé 3 jours au lit avec ....

Non pas une charmante demoiselle mais une bactérie du nom de Plasmonium Falciparum.

 

Première crise de palu, donc dur, dur.

La dysenterie m'a affaiblit toute la semaine et le samedi je me sens raplapla, pas de force et alors là ça monte pendant 48 heures, ça faisait depuis que j'étais gamin que j'ai pas eu autant de fièvre et des lancements dans la tête, délire, sueurs froides....enfin je passe les détails mais j'ai passé le week-end sur une autre planète proche, trop proche du soleil.

J'avais acheté le traitement à Conakry que j'ai pris dès la première heure, car on comprend vite quand ça arrivé. ça m'a permis de découvrir que mon voisin d'en face est docteur, il a été trés gentil, m'a donné des médocs anti amibes et vermifuge pour ma diarhée, sels régénérants et j'ai même eu la visite de la famille le dimanche., Enfin je me suis progressivement remis même si j'ai repris le boulot un peu tôt, je me sens encore fatigué but it's gone be all right now.

De retour à N'zérékoré, ou se tient une fête ce soir pour le départ d'un volontaire, je suis vraiment trés bien reçu ici, heureusement, je ne tiendrais pas seul à Macenta autrement.

Niveau boulot ça avance doucement, on vient de relancer des cours d'alphabétisation pour les jeunes artisants et ouvriers, ça fait plaisir de voir du concret se mettre en place.

Quelques images prises de la Villa Mont Woko, ma maison, pour vous donner une idée de mon environnement.

 

Vue de devant mon portail, le Mont Woko :

 

 

 

Vu de ma terasse, la route principale de N'Zérékoré :

 

 

 

 

 

Par JIBE
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Samedi 29 juillet 2006

Bientôt un mois à Macenta, j'ai l'impression que ça en fait 6 !

 

Je commence à prendre mes repères mais c'est long, les gens ne sont pas hostiles mais sont rudes, le contact est facile mais la relation difficile. J'ai trouvé un petit coin de Provence à Macenta, il existe  un coin de rue où ça pointe et ça tire, je me suis fait quelques parties, ambiance sympa mais ça joue sérieux, je pense y passer régulièrement, il manque juste le pastaga.

Je devais aller à la chasse en brousse ce w-end mais j'ai eu l'occasion de descendre à N'zé avec une voiture du CICR alors je viens prendre un autre air ici ; ce matin footing entre les palmiers et le manioc puis piscine dans l'hotel classe du coin, ça fait du bien un peu de sport.

Au niveau boulot, les premiers soucis liés aux responsabilités arrivent : absence du personnel, matos informatique qui lache, prise de tête avec les gars qui s'occupe de la seule connexion de Macenta... enfin normal quoi, je gère pour l'instant, je reste motivé, c'est ma raison d'être ici le boulot.

La santé va mieux, je prend une saloperie de prophilaxie pour le palu, un antibiotique qui m'explose le bide mais je flippe d'enchainer plusieurs palu de suite alors c'est un moindre mal.

Toujours pas d'électricité depuis plus de 3 semaines, alors on s'organise, je me suis mis au groupe électrogène, ça pue, t'as l'impression d'avoir un 33 tonnes dans ton jardin, ça coûte une fortune en essence mais ça permet de se faire la bouffe, de bouquiner et d'écouter du reggae et ça c'est bon pou le moral.

difficile t'écrire ces 2 prochaines semaines, je remonte sur Conakry vers le 17 août où je pourrai appeler

 

Par JIBE
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Mardi 29 août 2006

Vues de la fenêtre de mon bureau, jeudi 10 août :

 

 

 



La foret s'enfonce dans la grisaille de la saison des pluies.

 


Je m'enfonce doucement dans une vie quotidienne comme tout le monde, rythmée par le travail, les sorties, les ballades, les parties de pétanques? Macenta se dévoile petit à petit et je commence à me sentir bien ici.

 

Ça faisait longtemps que je n?ai pas passé un wek end ici, le dernier était il y a 3 semaines et j?était au lit. Samedi footing et première soirée festive à Macenta, Dimanche ballade autour du Mont Woko en face de chez moi et pétanque. Quelques soucis de boulot mais week end bien remplit. Je reçois en ce moment à la maison celestin et estelle, un guinéen et une française qui viennent faire un étude sur la commercialisation de la banane. Ça fait plaisir d?avoir un peut de vie dans la maison. Sinon j?ai commencé à apprendre quelques mots de Malinké , ce n?est pas la langue de l?ethnie locale mais elle est très parlée en ville et dans toute l?Afrique de l?ouest (Dioula, Bambara, Mandingue? tous ces dialectes sont issus de la même langue).


 

Sinon le boulot commence à être vraiment intéressant, c?est un travail de longue haleine que de tenter de mettre en mouvement la jeunesse de Macenta. Tous les jeunes sont en vacances mais il y a rien à faire ici. Les jeunes qui ne sont pas aux champs traînent dans les cafés, dans les vidéos clubs pour regarder des navets ultras violents. Seul le foot réunis les enfant et les jeunes autour d?une dynamique collective.

 

Avant de partir sur des gros projets, j?essaye en ce moment de faire organiser un petit tournoi de foot suivi d?une soirée dansante. S?il s?agissait d?organiser nous même l?évenement, l?intérêt serait moindre car à part un bon souvenir, qu?en retirerait la jeunesse de Macenta ?

 Il s?agit de faire organiser, ce qui est autrement plus difficile mais permet aux assos locales de développer leurs capacités, prendre confiance en elles, collaborer entre elles, de mobiliser des volontaires et même de dégager un petit bénéfice.

 

La stratégie pour moi est de repérer et créer de bonnes relations avec les leaders, ceux qui sont capables d?entraîner un groupe pour pouvoir ensuite impliquer les jeunes dans des projets plus importants (Construction maison des jeunes, centre de formation professionnel?).

 

Facile à dire mais beaucoup ont des attentes d?aide financières et matérielles et ne sont pas prêts à s?impliquer dans une action sans contrepartie financière, ma couleur de peau véhicule tant de représentations. Mais je bosse dans une ONG guinéenne et n?ont n?avons pas les moyens des ONG internationales ce qui n?est pas plus mal pour faire du développement parce qu?ici, il faut savoir se démerder avec trois fois rien.

 

L?équipe de GARD à encore diminuée, j?ai aujourd?hui envoyé la lettre de licenciement du coordinateur adjoint. Il a provoqué l?occasion en prenant un mois de congés sans préavis ni autorisation, c?est plutôt un soulagement parce que je pense que je n?aurai pu instaurer un climat de confiance et de transparence avec lui dans l?équipe. Nous voilà donc deux plus un stagiaire. Avec mon collègue Mr Sanoh on se complète bien, il a la cinquantaine, est connu et reconnu sur Macenta, il m?ouvre toute les portes, sait défendre l'intérêt de GARD.


 

                                                                                  Ballade près de la maison

 

Par JIBE
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Jeudi 7 septembre 2006

L'aventure...je l'a voulais je l'ai eu.

Je devais être à Kindia lundi 21 août pour une formation, je suis donc partis de Macenta Samedi A-midi après avoir fait une réunion le matin avec les jeunes. Depuis plusieurs mois, un beau minibus toyota extra confort (télé, frigo...) est devant la maison de mon collègue Sanoh, il appartient à son oncle qui cherche à le vendre.

Un acheteur ayant fait une offre à Conakry, c'etait la super occas pour nous, pas besoin de prendre le taxi, on part quand on veut et surtout on fait les 20 heures de route pas sérrés à 10 dans une 505.

Eh bien j'ai bien regretté une bonne vieille 505 Peugeot, elle rivalise avec les plus gros 4*4 sur les pistes. A l'heure, la route Macenta/Guékédou est jonchée de trous de plus de 5 m de profondeur dans lequels les camions sont bloqués, quand un camion est bloqué, un autre le double et se bloque à nouveau résultat, impossible d'avancer parce que sur les côtés c'est la forêt, dense...

 Donc, il exi ste une autre route, appelée route du Café, c'est une piste construite par les chinois il y a 5 ans au moment où la route Macenta/Guékedou était prise par les rebelles libériens. Elle relie directement Macenta à Kissidougou ; les paysages sont superbes avec beaucoup de relief. En pleine saison des pluies la beauté de la route se transforme en enfer de boue. A chaque montée difficile, les gamins du village le plus proche sont là pour monayer leur force indispensable pour le voyageur qui veut avancer, alors ça négocie, ça s'énerve, ça pousse durant parfois des heures pour sortir les véhicules des ornières. Mais nous, après s'être fait poussé déjà deux fois, on a carrément posé le chassis et en prime, le véhicule ne démarrait plus, première nuit dans le véhicule à côté d'un bas fond remplit de moustiques évidemment avec la fenêtre passager (ma place) qui ne ferme pas. En prime, on a l'animation des passagers, car pour rentabiliser le voyage, on a pris des passagers. Alors quand t'arrives pas à pioncer à cause du concert des moustique qui nous ont repéres à 5 Km à la ronde et qu'en plus de tout ça y a la petite qui fait ses besoins, la tanti qui enguele la mère parce que la mère à pas pris de couche etc...  

En fin la première nuit ça va encore, plutôt exotique une nuit au milieu de la brousse.

 

Pas de cafe ce matin la !

 

Malgré le petit mécano que l'on avait envoyé charger la batterie, pas possible de démarrer le matin donc pas possible de sortir de là sans cable.  Il était bien midi ce dimache quand on est sorti du trou...

C'est là que la solidarité africaine a ses limites, sur la route. on a dû payer chaque service que les villageois nous ont rendu. En même temps, au regard de leur préocupation qui est de pouvoir acheter du riz, notre besoin d'avancer peu paraître futile, notre échange arrange les deux parties, c'est ce qui compt ici, se mettre d'accord...

Bon, après avoir attendu quleques heures pour trouver un 4*4 avec un cable qui a bien voulu nous tirer du merdier, le problème est de démarrer parce que  bien évidemment ce véhicule a une boîte automatique, donc pas possible de le pousser pour démarer.

Alors on a mendié pendant une heure auprès des rares les voitures qui passent de bien vouloir enlever leur batterie nous la prêter.

 

Je vous passe le détail de la journée, de la bonne dizaine d'embourbement, du stress, du fric qu'on a laissé etc...

Bon vers 18h00, presque 30 heures après notre départ, exténué , le futal retroussé avec la boue partout, on arrive enfin sur la route, l'intersection, à 30 Km de Kissidougou. Et là, pile au carrefour, pam, en panne, impossible de démarrer, ni même de bouger la boîte automatique... Deuxième nuit dans la camion, cette fois ci à une intersection, près d'un petit village...j'ai passé 2 nuits et 48 heures  à cet endroit si bien que j'ai eu un pincement au coeur en le quittant mardi, en quittant sanoh et la camion avec le moteur grand ouvert et mécano s'y affairant depuis des heures.

Je suis arrivé à Kindia marcredi matin à 5hoo après une nouvelle nuit en taxi...roulant cette fois ci, une bonne vieille Nevada !

Là, je peut dire que j'ai vécu au rythme du village (avec le travail au champ en moins), à attendre que le temps passe. Bien sûr avec le temps la réalité s'embellie mais j'ai même des bons souvenirs. ce mardi matin par exemple où les jeunes m'offre le Bangui (vin du palmier raphia) où je me retrouve bien gai à 9 h00du mat autour d'un poste de musique qui grésille du ragaa kissi, ou alors les bonnes grenouilles à l'huile rouge, l'oeil vif de ce petit peul de 8 ans qui gère le petit commerce toute la journée comme un chef, de la sauce manioc de sa soeur, de l'hospitalite de cette famille qui m'offrait le riz tous les soir.

Pas de nouvelle de Sanoh 3 semaines après notre départ, je suis inquiet, il devais me rejoindre ici...

 

Par JIBE
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Mardi 3 octobre 2006

 

 

 

 

Vue de Macenta du sommet du mont Woko.

 

 

Difficile reprise après 3 semaines de coupure à Conakry. Tout seul au bureau la première semaine avec en prime le gars que nous avons licencié qui a eu un ton menaçant lorsqu?il a appris la nouvelle. Mon collègue est enfin rentré, il est arrivé à Conakry après 3 semaines de mésaventures sur la route (mauvaise réparation, siphonage du carburant?) au moment même au j?ai quitté?en avion cette fois ci?

 

A Conakry, j?ai passé 15 jours à attendre, attendre le président, attendre que la pluie cesse, attendre un véhicule. Résultat je n?ai rencontré que 2 bailleurs sur la dizaine qui était prévu. J?en ai profité pour approfondir ma connaissance de Conakry by night?

 

Difficile de trouver la motivation lorsque l?on s?aperçoit qu?on est le seul a vraiment croire à ce que l?on fait, qu?on est le seul a s?intéresser à la jeunesse de Macenta. Le président a dû m?accorder que quelques heures depuis mon arrivée en mai et l?administrateur sensé bosser sur le projet GARD, joue au solitaire et à Question pour un champion toute la journée sur Internet.

 

Enfin des projets naissent et des pistes de financement aussi, il faut s?accrocher et n?attendre que de moi-même. Même les jeunes m?on déçut, il devaient organiser un tournoi sportif et une soirée dansant et rien n?a été fait en mon absence. Je commence à comprendre que je ne comprends rien, ça doit être bon signe, en tout cas ma fougue des premiers temps se confronte à un tel immobilisme, déconcertant, pas encore décourageant.

 

Et puis j?ai eu de la visite, la famille d?une amie qui bossait à Kindia est venue me voir 3 jours. Sympa, à part la petite visite forcée chez le préfet qui nous a fait monter alors que l?on passait devant la préfecture. Après avoir souhaité la bienvenue aux visiteurs, il s?en est pris à leur « tuteur » (moi-même) et a  serré la main a tout le monde sauf à moi quand nous sommes partis. Officiellement il me reprochait de ne pas les avoir emmené faire viser leur ordre de mission par les autorités. Officieusement, il a du mal prendre le fait que je ne lui cours pas derrière pour me présenter (il avait annulé notre rencontre de présentation en juillet) ou que je ne lui présente pas mes invités. Enfin, m?humilier d?une telle sorte alors que je viens me faire chier dans son bled pour essayer d?aider un peu les jeunes, j?ai eu du mal à digérer. Mais je me suis tut, il n?y a que ça à faire devant l?autorité et c?est bien le problème ici, on se soumet devant celui qui a le titre, peu importe son niveau de compétence ou d?éducation ; le président lui-même est un paysan, qui ne connaît rien à la politique.

 

Ici, je me pose la question de la limite entre respect et soumission. Dans cette société hiérarchisée ou selon son nom de famille, son âge, son titre, notre place est déterminée, comment avancer ? D?accord pour le respect des autorités mais quand elles mêmes ne font rien pour le peuple, que les ministres préfèrent envoyer leurs enfants faire des études en Europe plutôt que d?entretenir les routes, doit-on encore les respecter ??

 

Je suis à N?zérékoré cette semaine pour prendre contact avec les agences onusiennes, visiter la Maison des jeunes et des structure qui pourrait être intéressantes de monter à Macenta. J?ai passé un grand week end entre volontaire parce que hier c?était la fête de l?indépendance. On s?est fait 3 soirée Tarot et Belote. Etrange, moi qui ne suis pas très doué aux cartes la chance m?a sourit?

Par JIBE
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