CONAKRY,
capitale posée sur une bande de terre qui s'avance dans l'Atlantique.
J'arpente depuis 15 jours les rues, les cafés, les administations...partout la même rengaine, je découvre une ville qui en a ras le bol :
Marre de n'avoir plus l'élécticité que quelques heures dans la nuit, de n'avoir pas plus l'eau courante, d'observer chaque jour les prix augmenter sans pouvoir rien faire. La ordures de toutes sortes, sacs et bouteilles plastiques, piles... jonchent la ville, ses rues, son bord de mer, les poubelles n'existent pas. Les taxis et camions crachent leur lourd nuage noir et acre qui se mélange à la poussière dans une brouhaha de klaxon nerveux.
Le potentiel du pays est fantastique, l'eau est partout, le "Chateau d'eau" de l'Afrique de l'ouest ne pourrait assurer son indépendance énergétique qu'avec des barrages hydroéléctriques. Son peuple pourrait bénéficier de l'exploitation de ses énormes réserves de Bauxite, fer, or, diamant... Pourquoi les africains ne peuvent bénéficier de leur richesses, pourquoi sont-elles partagées entre les puissances occidentales et quelques clans mafieux de chef d'état ?
Au lieu de se développer, tout s'aggrave ici, c'est "la descente aux enfers " pour reprendre la couverture de la revue "Jeune Afrique", le cercle vicieux qui, soyons réaliste, ne s'arrêtera pas sans mobilisation massive de la population. Mais Ici chacun ne se préoccupe que de pouvoir faire manger sa famille, le salaire moyen est à peine de 40 euros, le sac de riz de 50 Kg est à 20 Euros, le litre d'essence 80 ct d'euros. Pourquoi personne ne bouge, Sekou Touré n'est plus depuis plus de 20 ans et son spectre règne encore.
Il reste alors à rêver en regardant passer les gros 4*4 qui rivalisent avec la bourgeoisie européenne, il reste à espérer un sursaut démocratique après la mort de Conté, il reste à faire des enfants, seul plaisir gratuit pour le pauvre...
Une lueur d'espoir ? La grève est en route depuis jeudi, elle n'est pour l'instant que partiellement suivie, tout va se jouer demain lundi, date de lancement des examens, ça se tasse ou ça s'aggrave...