Mercredi 6 juin 2007

3 semaines à Macenta, une éternité j'ai l'impression, il reste pourtant un an...Dehors l'orage grogne, mais la pluie ne veut pas tomber, il fait une chaleur étoufante. Ici aussi le réchaufement de la planète se fait sentir, à cela s'ajoute la déforestation, il devrait pleuvoir tous les jours à cette saison ; le ciel est triste mais se retient de pleurer.

Le calme est revenu dans le pays, le ministre de la défense était hier à Macenta pour remonter les bretelles aux "pagailleurs" de militaires, il fait le tour de toutes les garnisons. Le nouveau gouvernement s'est mis sérieusement au travail en faisaant un réel effort dans la communication, le journal télévisé laisse la libre parole aux citoyens, les bailleurs de fonds reviennent, le franc guinéens de maintient...tout va bien dans le meilleur des mondes.

Pourtant Macenta est toujours aussi épuisante, je commence au bout d'un an à comprendre pourquoi le développement patine en Guinée, on (les blancs) a notre part de responsabilité mais ils (les africains) ont la leur. Les 2 ou 3 personnes que je connaîs ici qui réussisent bien ont la même caractéristique : ils sont travailleurs. Quand on bosse, qu'on est capable de se projetter dans le temps et qu'on est pas trop con, on peut réussir ici aussi, même plus facilement qu'en occident. Vous me direz, passer un an en Afrique pour retomber dans des lieux communs du type les noirs sont paresseux, ça n'en valait pas la peine. Non c'est pas aussi simple, je crois que c'est  lié encore une fois au rapport à l'argent. L'argent n'est pas associé  directement au travail, pour exemple mon patron guinéen qui est trés riche me dit, "les gens croient que je fabrique l'argent la nuit" ou bien que Dieu en à décidé ainsi qu'il ya des riches et des pauvres et que les riches doivent donner. Si t'es pauvre, pourquoi t'emmerder, si ton oncle est riche ? Je simplifie les choses et je pense que beaucoup de jeunes africains sont sortis de ce shéma mais trop de personnes cherche à faire de l'argent facile ici le but est de gagnner le maximume en bossant le minimum et le pays ne peut se développer sans travail, non ? (Pourtant je n'ai pas voté Sarko mais quand on voit qu'aucune société guinéenne est capable de faire une route, de tranformer du cacao, du sucre, c'est inquitétant) L'activité favorite est la spéculation, sur le franc guinéen et l'essence (dont le prix peut être mutiplié par 4 en cas de pénurie), remarquez c'est comme ça que fonctionne notre système capitaliste. Bon il ya aussi le rapport au temps mais ça on en reparlera.

Bon sinon côté boulot c'est pas la grande activité, toujours pas de projets financés ça va venir mais serais-je encore ici ?

Côté maison, un de mes gardien à perdu son fils qui est tombé dans le puit, l'autre à eu une petite fille ainsi va la vie... Bon l'accouchement vaut quand même le coup d'être raconté, pas d'hôpital, ni de médecin, ça se passe à la dure. Ce matin là vers 5 heures mon gardien est parti chercher un vieille, elle est arrivée en criant sur sa femme (qui habite dans la maison d'à côté), lui demandant de se lever et de danser ! Voilà la pauvre femme souffrant et deux autres la tenant debout par les bras et la secouant,  Après la perte des eaux,  ma voisine leur a proposé de les emener à l'hopital et de payer, mais les femmes préfère le méthode traditionnelle. en tout cas c'est efficace comme en 3 heures tout était réglé, la maman et la petite fille vont bien. Sinon, mon gardien Moussa (qui a perdu son fils) couche avec la bonne de la voisine, qui lui fait des bons petits plats maintenant, sa femme est venu se plaindre à ma voisine,on est en train de faire marcher la médiation africaine pour regler l'affaire.

 

Par JIBE - Publié dans : guinee
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Samedi 12 mai 2007

Depuis 1 semaine, les militaires guinéens manifestent leur mécontentement, comment ? en pillant les armureries et  tirant en l'air. Les militaires veulent le paiement d'arriérés de salaires et le départ des Généraux voleurs, c'est à dire tous. Jusqu'a jeudi les coups de feux nocturnes se venaient des casernes mais les soldats sont sortis en vidant leurs chargeurs hier dans les principales villes du pays. Résultat 6 morts par "balles perdues".

 Alors que tout le monde s'attendait à une coup d'Etat il y a 3 mois lorsque les guinéens ont donné leur sang pour renverser le régime, les militaires n'ont pas bougé, si ce n'est pour tirer sur leurs frères. Aujourd'hui, alors que l'espoir est revenu dans le pays, les militaires sèment la terreur, à n'y rien comprendre ce pays.

ça va faire 5 mois que j'ai quitté Macenta, mon lieu de travail. Hier matin, j'ai pris la route pour rentrer enfin, à la hauteur  de Kindia, SMS du représentant de l'AFVP, appelle moi d'urgence , insécurité routière, alors meme que j'étais sur la contournante, le centre ville était sous le feu des militaires qui ont brulé les maison des généraux. Impossible de continuer, branle bas de combat à l'Ambassade, les instructions sont de rebrousser chemin, un véhicule de l'Union Européenne se serai fait tirer dessus à Faranah dans le centre du pays.

Après avoir attendu d'autres expats, je suis donc rentré hier soir en convoi, dégouté de cette journée perdue, avec ce sentiment de ne rien pouvoir décider, les évenements semblent s'acharner contre mon retour en Fôret. 

Petite compensation hier soir, anniversaire de la mort de Bob Marley, héros national ici, messager de tous les africains. Toutes les femmes portent le pagne aux couleur de Bob, tous les hauts parleurs crachent du reggae, bonne soirée dans un petit maquis, groupe, puis DVD de Bob en concert, tout le monde bouge, finalement on est pas si mal à Conakry...

Par JIBE - Publié dans : guinee
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Jeudi 3 mai 2007

Premier week end en Guinée, les aventures reprennent...

Nous voilà partis pour Kindia, à 150 Km à l'est de Conakry, pour assister à la fête de départ d'une volontaire et profiter du pont pour passer quelques jours loin de l'étouffante capitale. Soirée dansante bien arrosée samedi soir, dans le centre ville, quelques blancs et surtout beaucoup de jeunes de Kindia, le tout dans une super ambiance, le week end commençait  bien... Le dimanche encore mieux avec une après midi repos, baignade, djembé, guitare, thé, pet... au bord d'une cascade, à Killissi. J'oubliais, le tout accompagné d'une orgie de mangues et ananas, qui à cette époque croulent sur tous les étalages.

Lundi matin, nous décidons de partir à Gbelia Kholi à une dizaine de kilomètres de la ville, passer la journée et la nuit au bord d'un lac que l'on nous avait conseillé. De l'eau, c'est tout ce qu'on recherche, il fait trop chaud pour marcher en ce moment. Nous voilà donc partis en peugeot à 4 avec Arnaud, Coco et Val mes compagnons de grèves, sur la piste défoncée, moustiqaires, short de bain, percussions, nattes, casseroles, oignons et cubes Maggi, fin prêt pour une nuit en brousse.

Après avoir demandé plusieurs fois la route, nous arrivons au village, nous garons la voiture, nous sans être suivis par une nuée de gamins, le paysage est surréaliste, le lac est en fait une large vallée innondée qui sert de reserve d'eau pour Conakry, des arbres morts se dressent au milieu du peu d'eau qui reste en cette fin de saison sèche. De part et d'autres de cette vallée, des coteaux paissent les beufs et les moutons, puis  se dressent les falaises du Mont gangan, les contreforts du massif de Fouta Djallon.

Nous passons la journée à l'ombre d'un Soghé, nous baignons un peu dans une eau peu rafraichissante, partageons notre repas avec deux jeunes villageois qui nous ont accompagné et un fou de passage. Ces jeunes nous précèdent, puis nous rentrons à la voiture en fin d'après midi, non sans avoir acheté du poisson, ramassé du bois, et fait une grille en bois vert pour notre dîner. Bonne soirée en perspective donc. Avant tout, nous prévoyons d'aller nous présenter auprès du chef du village, comme cela se fait ici.

Arrivés à la voiture, mauvaise surprise, la porte à été forcée et beaucoup d'affaires ont disparu, argent, téléphones, chaussures, médicaments... En partant le matin, nous avions proposé au jeunes de laisser quelqu'un pour garder la voiture, moyennant un petit billet, ces derniers nous avaient répondus qu'il n'y a pas de bandit  et que fermer la voiture à clé était suffisant. Ayant confiance dans les villageois, nous avions laissés nos affaires dans le coffre.

Nous partons donc tous les 4 auprès du chef du village, accompagnés de gamins que venaient de tirer un héron. Nous arrivons à la concession du chef, les chaises sont sorties, sous le manguier, cernés par une centaine de paires d'yeux qui observent la scène inhabituelle. Après une dizaine de minutes de présentation et palabres, nous posons enfin notre problème, le chef ne parle pas français, Mr Camara, un notable du village fait la médiation, en Afrique, parler peu est un signe de pouvoir, la classe, c'est d'avoir son médiateur, de faire parler son "petit", pour n'intervenir trés sollenellement qu'au début et à la fin.

Mr Camara nous fait part de sa déception tout en nous faisant signaler que nous n'avons pas respecté la procédure qui consiste à aller se présenter au chef en arrivant au village, il nous aurait indiqué où garder la voiture en lieu sûr. Nous allons constater les faits, ramenons la voiture, nous rasseyons et reprenons la discussion, cette fois avec les deux jeunes nous ayant accompagnés, suspects au yeux du chefs qui les a convoqués. Les palabres reprennent, en sousou, la langue de l'ethnie du même nom qui occupe la partie ouest du pays. Bien evidemment, nous comprenons que les jeunes nient toute implication dans le vol. Petit détail que nous avons appris par la suite, un des jeunes et le fils du chef. Nous quittons le village dans une ambiance surchauffée, pour le chef les jeunes sont coupables, il s'engage à les maintenir sur place et nous demande de revenir avec les gendarmes, ce qui ne leur convient pas, on peut les compredre quand on connaît la finesse des militaires guinéens. Sur les recommandations du vieux, nous reprenons la route pour Kindia, accomagnés de Mr Camara pour revenir avec les gendarmes pour embarquer les jeunes.

La nuit tombe et une belle lune nous éclairent la piste jusqu'a Kindia, nous laisson Val et Coco à la maison pour des raisons de place, passons chercher le secrétaire communautaire de la collectivité administrant le village où a eu lieu le vol, puis allons à la gendarmerie, c'est là que les difficultés commencent... Les militaires guinéens, moins on les voit, mieux on se porte... 

Les 2 guinéens présents avec nous font leur rapports, on ne nous demande pas notre avis. La mission est claire, ramener les deux suspects pour procéder à l'enquête. Le problème est encore plus simple, la gendarmerie de Kindia ne dispose d'aucun véhicule, rien, meme pas un vélo et devinez qui doit payer un véhicule supplémentaire, tu te fait piquer plus d'un million mais il faiut rajouté 40 000 pour déplacer un véhicule. Nous embarquons le commandant adjoint, accompagné d'un troufion, pour accomplir la pré-mission qui consiste à trouver un véhicule, pas moyen à la gare de taxi, nous commençons donc à nous engager sur la piste près à nous serrer. Le soucis, c'est que Nono et moi n'étions pas franchement enchantés à l'idée de renter à 7 dans la 306 avec des bidasses armés et deux suspects... c'est là à la sortie de la ville, vers 21H00, que la Pigeot, la reine des piste nous lâche, problème éléctrique, pas moyen d'avancer TIN TIN..

Petit détail quand même, le troufion nous a fait déplacer une natte de 2m enroulée dans la voiture; bien calée sur le côtépour la seule raison qui ne voulait pas l'enjamber, sans doute par superstition. A l'énervement de Mr Camara qui se retrouvait géné par la natte, le troufion, originaire de la fôret, n'a trouvé comme réponse que :  "l'Afrique à ses mystères"...No coment

Nous voilà donc au beau milieu d'une nuit chaude et claire à chercher un véhicule dans le quartier, opération qui durera près de 3 heures, là je vous épargnerai les détail de recherche de véhicule. En gros, le téléphone ne marche pas moyens de joindre des amis véhiculés, nous partons donc à la recherche à pied dans le quartier.  Le jeu, c'est dès que l'on voit une rare voiture garée devant une maison nous cherchons le chauffeur, puis le propriétaire, puis négocions, tout ça pour revenir au véhicule en panne et retrouver le troufion pionçant sur le coffre arrière et le commandant ronflant dans le véhicule...si, si, c'est vrai...

Aurélie, la volontaire qui finit son contrat, finit par nous joindre vers 23H30, au moment où nous venions de trouver une 309 complètement pourrie, nous partons donc à deux véhicules, mentionnant bien aux bidasses de ne pas monter dans la 505, comme le veux la règle dans les voitures d'ONG, pas d'armes.

Nous arrivons dans le village obcure et endormis vers 00H30, réveillons le chef du village, nous remettons en cercle, tout le monde fatigués peu enclin aux palabres à une telle heure. Quelques jeunes sont autour, on nous amènent nos poissons grillés que l'on avait confiés à une maman avant de partir. Les discussion commencent en sousou, Aurélie fait remarquer non sans une pointe de reproche qu'il serait plus respectueux de nous traduire, les discussions reprennent en sousou, la tension est palpable. Je sens qu'il est au contraire nécéssaire de laisser faire le commandant qui tente de comprendre, de négocier, je comprend vite que les jeunes ne sont pas là. Pour la comparaison quand deux gendarmes, un peul et un forestier débarquent dans village sousou, c'est à peu près comme si un gendarme parisien débarque dans un village de haute-Corse pour faire une enquête; il est face à un mur...Visiblement le village couvre les deux jeunes, et on peut le comprendre parce qu'on ne ressort pas indemne ne serait-ce que d'une nuit à la gendarmerie.

La tâche n'est donc pas aisée pour le commandant, le troufion rajoute de l'huile sur le feu et Mr Camara s'énérve, quittant sa chaise puis se fait rappeler à l'ordre par le chef, il va se rasseoir, j'observe la scène démunis, implorant en moi même Aurélie de faire preuve de plus de diplomatie. Elle dénonce la morale du village, la honte, avec une fougue que j'analyserais comme une revanche la veille de son départ après plus de 2 ans à Kindia. Le commandant demande à Mr Camara de garder son calme en expliquant que lui aussi à été vexé d'avoir été obligé de monter dans la 309 pourrie alors que les blancs étient dans la 505 familiale, sur quoi Aurélie l'accuse de divaguer. Le Commandant émet l'idée d'embarquer le père d'un des jeunes, qui bien sûr est à la pêche nous répond-on, les gendarmes, impuissants face à l'omerta villageoise se découragent vite de cette mission dans laquelle ils ne voient pas leur intérêt. Le vieux chef du village semble de bonne fois mais démunis, humilié de ne pas tenir ses petits. Les quelques jeunes nous écoutent derrière, surement prêt à faire le compte rendu aux deux suspects planqués quelque part.

Le débat prend fin, Aurélie repart à la voiture, j'essaye de discuter avec le chef en apparté, je lui dit que demain ils n'auront pas faim grâce au butin du vol mais qu'après demain son village sera salit, bannit des étrangers, que si ce vol reste impunit, quel sera l'exemple pour les petits frères des voleurs ? Je lui explique que nous nous intéressons seulement à nos affaires et lui donne ma parole que les jeunes ne seront pas inquitétés si les affaires sont retrouvées, je sers la main au chef, m'incline pour marquer le respect et rejoint la voiture. Celui-ci me rappelle, je me rend compte que je ne l'ait pas laissé répondre. Il me fait part de sa détermination à retrouver les affaires, nous rentrons, les  noirs dans la 309, les blancs dans la 505, après avoir laissé 35 000 francs au chauffeur, arrivons à la maison à 4 heures du matin, je vide 3 verres de Rhum sec et tombe sur mon lit en me disant, ça y'est c'est repartit, je suis bien en Guinée.

Le lendemain, nous avons vu le sous-préfet, tentés de programmer une délégation qui se rendrai au village, aujourd'hui, jeudi, toujours pas de nouvelle...

 

Par JIBE - Publié dans : vie quotidienne
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Vendredi 27 avril 2007
De retour à Conakry après plus de deux mois de vacances au Sénégal et en France...

Partir, rester ? le départ de Paris ne s'est pas fait sans LA question que le nomade se pose chaque jour. Dans les airs,  je me suis demandé si je quitte ou je retrouve mon chez moi ?

J'arrive en pleine saison des mangues, les branches croulent, rien que pour cela ça valait le coup de venir. Je retrouve un pays qui ne semble pas avoir changé, l'odeur acre de l'air chargé d'humidité et de pollution, la nonchalance sousou, l'espoir d'un avenir meilleur est un peu plus fort après les évenements, on y croit...

On note quelques progrès, c'est pas encore San Francisco mais il y a un peu plus de courant, de routes goudronnées, les prix des denrées  de base ont un peu baissé, le nouveau premier ministre est intègre, mais se sent seul, il souhaite mettre fin à l'impunité mais les responsables de l'état du pays et des massacres des émeutes restent sous la protection du Président.

Avant mon départ à Macenta prévu dans une dizaine de jours, grand week end de 4 jours à Kindia prévu...
Par JIBE - Publié dans : guinee
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Mercredi 7 mars 2007

Après un séjour découverte du Sénégal, me voilà de retour dans la grisaille française, mais bon ça n'intéresse personne, parlons plutôt du Sénégal.

Première impression en arrivant à Dakar, quelle organisation ! Des feux de signalisation , des taxis individuels, des flics qui ne raquettent pas, des building, des bus avec des gens qui tirent la gueule en écoutant leur MP3, quand on arrive de Conakry, on à l'impression d'arriver à Paris ! Ne connaissant de l'Afrique de l'ouest que la Guinée, ça fair plaisir de voir une Afrique qui tourne, avec de vrais services publics, l'eau potable au robinet, le courant... Pourtant comme on m'a répondu au Sénégal, "comparaison n'est pas raison", les sénégalais aspirent à mieux, le niveau intellectuel est largement au dessus de la Guinée et lorsqu'il s'agit de se comparer, c'est bien vers l'Europe que les jeunes regardent.  Ca doit pas être si rose que ça pour les jeunes sénégalais s'ils tentent de partir chaque mois sur des pirogues de fortune au péril de leur vie.

Il a fallut que je quitte la Guinnée pour voir un militaire armé non pas d'une Kalash, mais d'un petit Robert, ou bien de prendre le taxi avec deux passagers qui lisent, chose jamais vue en Guinée, il faut dire qu'à 10 dans une 505 sur les routes guinéennes, faut avoir le coeur bien accroché pour se taper les héros de la mythologie grecque.

Donc j'ai profité de mon séjour forcé au Sénégal pour faire un petit road trip à travers le pays, Dakar, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, jusqu'à la frontière guinéenne. Nous voilà partis à 2, avec Coralie, une copine réfugiée de Conakry, avec la ferme intention de mettre à l'épreuve la fameuse terranga, sénégalaise, c'est à dire leur sens de l'accueil. Nous n'avons passer qu'un nuit dans un campement touristique, le reste dans des familles, et après cette expérience, oui, la terranga sénégalaise n'est pas une légende. Pour preuve quelques images de nos familles d'accueil :

Kaffrine, première nuit chez la famille de Cheik, jeune lycéen militant pour Wade, qui nous a prêté sa chambre.

 

Tambacouda, devant la place de Maman, vendeuse d'encens au marcké. Maman, moi et Coco, Paps et El Hadji, chez qui on a passé plusieurs nuits inoubliables au milieu des canards dans la cour de leur maison.
Par JIBE - Publié dans : guinee
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